Rencontre littéraire à la Librairie Chiheb International :Yamina Mechakra, entretiens et lectures

L’écrivain Rachid Mokhtari, qui n’est plus à présenter, vient tout juste de publier aux éditions Chiheb International un essai intitulé Yamina Mechakra, entretiens et lectures.

A l’occasion du deuxième anniversaire de la disparition de la psychanalyste et écrivaine Yamina Mechakra, les éditions Chiheb ont organisé, samedi après-midi, une rencontre-hommage à la regretté écrivaine, coïncidant, ainsi, avec la sortie de l’essai qui lui a été consacré par Rachid Moktari. Cette rencontre intéressante à plus d’un titre a permis aux présents de découvrir d’autres facettes de la personnalité de la défunte Yamina Mechakra.

L’écrivain Rachid Mokhtari est revenu ainsi sur la genèse des quatre enregistrements audio qu’il a réalisés du vivant de Yamina Mechakra. Une partie de ces enregistrements a donné naissance à la publication de l’essai en question.

Rachid Mokhtari a rencontré la défunte à l’occasion de la sortie de son second roman, Arris. Il allait la voir chez elle une fois par semaine à l’hôpital Drid Hocine, où elle occupait un logement de fonction.

Durant six mois, il a ainsi réalisé avec elle un long entretien alors qu’il était, rappelons-le, à l’époque, chef de rubrique de la page culturelle au quotidien Le Matin. L’orateur explique que cet entretien n’était pas destiné à la presse. Il voulait plutôt l’intégrer dans un dossier qu’il avait écrit sur La Grotte éclatée. Une fois l’entretien finalisé, Yamina Mechakra avait émis le vœu d’écouter les cassettes audio. « Et puis, dit-il, le temps a passé. Je ne lui ai jamais demandé ce qui était advenu de ces cassettes. En 2004, elle est tombée malade.

Ces enregistrements ont été sauvés de l’oubli grâce à la sœur de la défunte qui m’a appelé suite au décès de Yamina. Je pense que de son son vivant je n’aurais pas publié ces entretiens. Ils auraient été intégrés dans un essai, dans une autre approche. La meilleure façon de lui rendre hommage, c’est de donner la parole à cette femme exceptionnelle dans cet essai que je viens de livrer. » Dans ces entretiens inédits, le lecteur découvrira son parcours scolaire et universitaire ainsi que son génie littéraire.

Rachid Mokhtari rappelle à l’assistance que Yamina Mechakra a écrit une série de carnets entre 5 et 9 ans. A neuf ans, elle a écrit un premier roman historique. Si la romancière Yamina Mechakra était une psychiatre hors pair, elle maîtrisait également les arts plastiques et l’écriture lyrique. Elle était, d’ailleurs, éblouie devant les tableaux de son ami artiste, Cherif Merzouki. Rachid Mokhtari indique que l’auteure de La Grotte éclatée a perdu de son vivant plusieurs manuscrits, et que certains éditeurs ne lui ont pas payé les droits d’auteur. Certains ont même tenté de plagier La Grottte éclatée. Aujourd’hui, aucun de ses deux et uniques romans, La Grotte éclatée et Arris n’a fait l’objet d’une quelconque réédition par une maison d’édition algérienne, si ce n’est dans la revue Algérie-Littérature-Action.

Le conférencier signale également que Yamina Mechakra avait rompu avec le milieu littéraire. Elle écrivait chez elle. A la question de savoir ce que retient l’auteur de ses entretiens réalisés avec Yamina Mechakra, il éclaire l’opinion en disant que « c’est son style et sa vision de l’Algérie. Sa vision est une vision neuve. Elle est en dehors des identités rétrogrades et cloisonnées. De cette image de la femme courage. Pour Yamina, l’Algérie n’est pas à saisir dans ce qu’elle a de l’extérieur et de l’intérieur.

C’est une intériorité profonde de cette terre mère. C’est mythologique. Il faut chercher cette Algérie dans le fond des océans ». En somme, Yamina Mechakra, entretiens et lectures de Rachid Mokhtari est un essai qui contribue à entretenir la mémoire, garantissant la fidélité de sa pensée. Nacima Chabani

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