Publication. La Bataille de Constantine d’Abdelkrim Badjadja Retour sur la bravoure et la résistance des Algériens

La bataille de Constantine entre 1836 et 1837 est au cœur d’un ouvrage sorti, dernièrement, aux éditions Chiheb International et signé par Abdelkrim Badjadja.

Historien archiviste de première heure, Abdekrim Badjadja livre à travers La Bataille de Constantine, 1836-1837 un ouvrage truffé d’informations utiles et importantes à la fois. C’est parce qu’il est natif de la ville des Ponts suspendus et que cette ville n’a aucun secret pour lui qu’il s’est lancé dans un projet d’écriture, axé sur l’historiographie coloniale de Constantine. Dans l’avant-propos, Abdelkader Boudjadja souligne que ce livre a essentiellement pour but de démontrer « qu’il y a bel et bien eu une “bataille” à Constantine, qui a opposé d’abord deux armées, chacune avec ses effectifs de cavaliers et de fantassins, son réseau d’agents de renseignements, sa stratégie et ses tactiques, et qui s’est prolongée ensuite dans les rues de Constantine avec la participation de la population : des hommes, des femmes et même parfois des enfants ». Pour les besoins de la rédaction de son ouvrage, Abdelkrim Boudjadja s’est appuyé sur une description minutieuse des événements, dans leur déroulement chronologique, en les situant dans l’espace constantinois. L’auteur, également, fait appel aux témoignages au troisième degré légués à la tradition orale, « tout en s’efforçant de présenter les principaux protagonistes de cette bataille sous un éclairage nouveau ». Pour Abdelkrim Boudjadja, La Bataille de Constantine se veut surtout une contribution à l’étude de l’histoire militaire du Maghreb. Pour ce faire, l’ouvrage -constitué de 171 pages- est compartimenté en six chapitres distincts aux thèmes intéressants, dont entre autres Constantine à l’époque de Hadj Ahmed Bey, 1836, la défaite de l’armée française, octobre 1837, bataille des rues à Constantine et l’historique de Constantine depuis l’antiquité. Comme le souligne si bien l’auteur, le Beylik de Constantine était non seulement la région la plus vaste de l’Algérie mais également la plus riche de l’Algérie. Ainsi la bataille de Constantine s’est déroulée en deux périodes 1836 et 1837. La première période comptait une armée française composée de 8800 hommes commandés par le maréchal Clauzel et une armée constantinoise composée de deux corps distincts, dirigés par Ali Benaïssa et par Mohamed Belebdjaoui. Après des affrontements sans pareil, l’armée française se retire vaincue. Quand à la seconde période, elle se caractérisa par l’entrée des troupes françaises à Constantine le 13 octobre 1837, et ce, à la suite des erreurs et des contradictions du commandement constantinois. L’auteur a jugé utile de mettre en exergue les noms des principaux protagonistes de la bataille de Constantine. On retrouve ainsi, du côté français, les noms du maréchal Clauzel, le général Damrémont, le général Valée, Youssouf, Raimbert et Paolo di Palma. Du côté algérien, plusieurs grands hommes sont restés dans l’anonymat, à l’image de Hadj Ahmed Bey, Ali Benaïssa, Mohamed Belebdjaoui, Cheikh Lefgoun, Bouakaz Ben Achour, Moulai Chekfa, Mohamed Ben El Antri, Ben Azzeddine, Ben Yacoub, Ahmed Ben Hamlaoui, Moahmed Bendjelloul. Le livre La Bataille de Constantine se referme sur une série de textes relatant quelques faits importants qui se sont déroulés entre la période allant de 1830 à 1837. De l’avis de Abdelkrim Boudjadja, les textes en question ainsi que les notices bibliographiques feront l’objet d’un film de fiction traitant de ce sujet si important.

Nacima Chabani

© CHIHAB / réalisation kdconcept / hébérgement kdhosting