L’Etoile d’Alger

Editeur : CHIHAB
Parution : 2015

Relire L’Etoile d’Alger, dix-huit ans après sa publication en 1997, ce n’est pas se remémorer le drame algérien comme s’il était clos, c’est en vérité, vivre dans leur démesure toutes les tragédies amoncelées et couvées, mesurer la longue portée du désastre humain en cours et, pouvoir ainsi, leur donner un perpétuel prolongement esthétique. Aziz Chouaki, a su saisir, dans une forme romanesque originale, une des périodes charnières d’une Algérie, celle de Tahar Djaout. Deux scènes s’y opposent et se livrent bataille. Celle, musicale, de Moussa Massy jubilatoire, gorgée de rêves, de plénitude, d’extase, vibrante de rythmes, de musique et de chansons ayant marqué l’émotionnel collectif de l’Algérien quelle que soit sa langue et celle des clameurs inquisitrices de la rue, de la cité Mer et Soleil, d’une Algérie désaccordée comme le mandole fétiche que Massy, symboliquement fracassé contre le mur de sa chambre. Dans les trois parties qui composent le texte, Aziz Chouaki affine en instrumentiste rompu aux différents genres musicaux, la syntaxe qui porte ce paradoxe, cette distorsion lexicale et sémantique qui ne s’arrête qu’au prologue du roman dans lequel une autre partition se joue. (extrait préface de Rachid Mokhtari).

© CHIHAB / réalisation kdconcept / hébérgement kdhosting