Défis démocratiques et affirmation nationale. Algérie 1900-1962 : Nouvelles révélations d’historiens

Ce livre important paru récemment aux éditions Chihab est réalisé par quatre auteurs, chercheurs et spécialistes français et algériens. Ces spécialistes de l’histoire ont tous répondu présent pour conjuguer leurs compétences et converger leur savoir dans un seul livre. En effet, ce travail collectif a été coordonné par quatre historiens. Il s’agit de deux algériennes Afifa Brerehi et Naget Khadda, tous deux professeurs de littérature française à l’Université d’ Alger, et deux français Christian Phéline, historien et Agnès Spiquel, spécialiste d’Albert Camus. Ce livre intéressant comprend une trentaine d’articles, chacun d’un spécialiste différent. Ces articles brossent un tableau général de l’activité sociale et idéologique en Algérie durant l’époque coloniale. Les chercheurs à l’origine de cet ouvrage ont voulu démontrer que toutes les spécialités de l’activité sociale (littérature cinéma, journalisme, scoutisme…) avaient comme objectif de montrer comment dans plusieurs lieux d’activités durant la période coloniale en Algérie, il y avait des débats qui essayaient de promouvoir les idées démocratiques et de contrecarrer les idées colonialistes. Le livre montre aussi la réalité sociale, politique et idéologique qui était très complexe à cette époque. Il rappelle également que l’Algérie n’était pas une société en noir et blanc, mais une société qui, malgré la domination coloniale, avait des aspirations à la liberté et à l’égalité à tous les niveaux.

L’engagement de Camus En plus des quatre auteurs coordinateurs du livre, on trouve une trentaine de chercheurs et de spécialistes (historiens, anthropologues, sociologues etc…) qui brillent dans le domaine. Bien qu’il n’apporte rien de fondamentalement nouveau car tous ces chercheurs ont déjà publié leurs propres travaux et réflexions individuelles, le livre apporte toutefois des précisions très utiles. « Quand on a sollicité les chercheurs afin qu’ils contribuent à cet ouvrage, l’objectif était justement de mettre des travaux de différentes spécialités en résonance les uns avec les autres pour créer un écho de ce qui se faisait à cette époque dans la société algérienne », nous explique Naget Khadda. Christian Phéline, l’un des quatre chercheurs à l’origine du livre, est un historien qui travaille sur l’histoire de l’Algérie coloniale un peu sous l’angle de l’activité judiciaire. Auteur de nombreux ouvrages historiques dont La révolte de Marguerite de 1901, il prépare aussi un livre qui paraîtra le mois prochain sur « Les avocats d’origine musulmane durant la période coloniale sur plusieurs générations. Un livre qui lui a valu plusieurs années de travail et qui repose essentiellement sur les archives du Barreau d’Alger. Ce passionné d’histoire travaille aussi sur Camus et la politique algérienne. Avec Agnès Spiquel, spécialiste d’Albert Camus, ils publieront en début d’année prochaine un autre livre sur le passage de Camus au parti communiste de 1935 à 1937. « Un livre qui va renouveler la compression de cette période du front populaire et de l’engagement de Camus, alors jeune homme à cette époque », nous explique Phéline.

Sara Boualem

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