Dans l’intimité d’Ameziane Ferhani

Pour son deuxième numéro, le Café littéraire Médias-Plus a accueilli, samedi, le journaliste et écrivain Ameziane Ferhani, autour de son recueil de nouvelles intitulé Les couffins de l’équinoxe, paru récemment aux éditions Chihab.

Introduit par l’organisateur de l’événement, Yassine Hannachi et la modératrice Hayet Kerboua, M. Ferhani a transporté son auditoire directement dans le vif du sujet. L’objet de la rencontre est son deuxième recueil après celui paru il y a quelques années et intitulé Traverse d’Alger, et dans lequel l’auteur dit avoir « libéré sa conscience » envers sa ville natale.

Une fois ses comptes ainsi réglés, M. Ferhani prend un ticket voyage toutes destinations et déchaîne la spatialité et la géométrie romanesques pour emmener ses lecteurs sur de nombreux continents. Des histoires tirées de son vécu (et notamment de sa carrière de journaliste culturel) et d’autres, fruits de son imagination, a-t-il expliqué à l’assistance. Mais pourquoi d’abord a-t-il choisi le genre de nouvelles au lieu du roman, interroge une jeune voix parmi l’assistance ?

L’invité se défend alors d’avoir choisi la facilité et affirme que l’effort dépensé pour ce livre aurait pu accoucher de deux, et même trois romans. Son choix est motivé (entre autres) par le fait, explique-t-il, que la tendance du lectorat penche vers la nouvelle. Et d’ailleurs, lui il préfère l’appellation anglo-saxonne short stories, parce que ces histoires courtes siéraient mieux à ce siècle qui fait de l’homme l’esclave d’un modèle de consommation où il a très peu de temps pour lire des livres longs.

Remplissant le salon de l’Institut français de Constantine, un cadre agréable et lumineux, le public venu nombreux confirme son adhésion à ce rendez-vous littéraire et interagit avec l’auteur, le questionnant sur ses choix et le poussant à se livrer davantage et céder quelques pans de son espace intime, celui où il a enfanté son œuvre. Dans cette intimité naissante, M. Ferhani prend son aise et ouvre son livre pour faire la lecture à haute voix d’une nouvelle où Constantine joue un rôle.

L’histoire qui porte le titre A jamais Goa met en scène l’auteur lui-même, ou du moins un personnage qui porte le même prénom et quelques éléments autobiographiques de l’écrivain. L’histoire se termine dans l’un des bâtiments les plus sinistres de l’histoire de la colonisation, la ferme Ameziane, où l’armée française avait torturé des dizaines de Constantinois. Un moment d’émotion où l’auteur peine à contenir ses larmes et à maintenir les verrous de son intimité.

Source : https://www.elwatan.com/edition/cul...

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